Ce que nous croyons, ce que nous refusons, ce que nous construisons.
L'ergonomie est une pratique, pas une préparation.
Pendant des années, on nous a appris à analyser le travail des autres. À comprendre les systèmes. À décortiquer les situations. On nous a formés à observer, à documenter, à recommander.
Personne ne nous a appris à agir pour nous-mêmes.
L'université nous a donné des cadres théoriques. Les institutions nous ont donné des certifications. Le système nous a donné une place — celle du salarié compétent, de l'expert subordonné, du sachant qui attend qu'on lui demande son avis.
Nous avons appris à demander la permission.
Nous refusons la tyrannie de la préparation infinie.
Cette voix qui dit : "Pas encore. Il te manque une certification. Une formation. Une année d'expérience. Un mentor. Un réseau. Un business plan. Une étude de marché."
Cette voix ment.
Elle déguise la peur en prudence. Elle transforme l'hésitation en sagesse. Elle fait de la paralysie une vertu.
Nous refusons les boucles réflexives — cette capacité d'analyse retournée contre nous-mêmes, qui nous fait décortiquer nos propres blocages au lieu de les traverser.
Nous refusons l'idée que l'ancienneté crée la légitimité. Que le diplôme précède la pratique. Que le statut détermine la valeur.
La légitimité ne précède pas l'action. Elle en découle.
On ne devient pas ergonome indépendant en se préparant à l'être. On le devient en commençant. Imparfaitement. Inconfortablement. Maintenant.
Le premier client ne vient pas après la préparation. Il vient pendant. Parfois avant.
L'expérience ne s'accumule pas dans les formations. Elle se crée dans le réel — dans la proposition envoyée, dans le "non" essuyé, dans la mission décrochée, dans l'erreur corrigée.
Nous savons que la compétence existe déjà.
L'ergonome qui hésite à se lancer n'a pas un problème de compétence. Il a un problème de permission. Il attend qu'une autorité — l'université, l'institution, le marché, un mentor — lui confirme qu'il a le droit.
Nous savons que la solitude est un choix, pas une fatalité.
L'indépendance ne signifie pas l'isolement. Elle signifie choisir ses liens au lieu de les subir. S'entourer de ceux qui avancent, pas de ceux qui analysent leur immobilité.
L'Ergonome Autonome n'est pas un salarié qui attend le bon moment.
Il n'est pas un analyste qui s'analyse.
Il n'est pas un étudiant perpétuel qui accumule les formations comme autant de raisons de ne pas commencer.
L'Ergonome Autonome est celui qui a décidé que sa valeur ne dépendait pas d'une validation extérieure.
Il pratique avant d'être prêt.
Il facture avant d'être certain.
Il apprend en faisant, pas en préparant.
Un mouvement d'ergonomes qui ont choisi l'autonomie — économique, intellectuelle, professionnelle.
Pas une communauté de gens qui parlent de se lancer.
Une communauté de gens qui font.
Qui partagent leurs victoires et leurs échecs. Qui se donnent mutuellement la permission que personne d'autre ne leur donnera. Qui prouvent, par leur existence même, que c'est possible.
Si tu lis ces lignes et que quelque chose résonne —
Si tu es fatigué d'attendre d'être prêt —
Si tu sais, au fond, que tu as les compétences mais pas encore l'audace —
Si tu veux sortir de la boucle —
Tu es déjà l'un des nôtres.
Il ne te reste qu'à commencer.